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CybearSonic sur site IRMA
CybearSonic en interview dans le dossier focus de l'IRMA sur les contrats "360°" pour les artistes.

Yasimika (Abidjan 1982)
Yasimika (Abidjan 1982) du Griot Guinéen, maitre de la Kora, Djeli Moussa Diawara est le premier album réalisé et distribué par CybearSonic.

Il a été lancé le 1er octobre 2010 sur les plateformes numériques, le temps de préparer la distribution physique adéquate.
CybearSonic publie un nouvel article
La semaine dernière, CybearSonic a publié un nouvel article dans Marketing Professionel, sur le sujet de la relation "Bands, Brands & Fans".
Consultez Marques et musique, enfin partenaires ?
Update : l'article a été repris sur OwniMusic
CybearSonic sur site IRMA
CybearSonic en interview dans le dossier focus de l'IRMA sur les contrats "360°" pour les artistes.

Le dossier focus de l'IRMA publié le 4 janvier est titré La Révolution 360° a-t-elle eu lieu ? dans le cadre des stratégies de diversification du disque et pour préparer la sortie d'un livre de Pierre-Marie Bouvery, Avocat, sur le thème des contrats 360°.
En complément, se trouve une série d'interviews, "Des professionnels font le tour de la question", où l'on retrouve :
- Marc Thonon (Atmosphériques, SPPF)
- Pierre-Marie Bouvery (Avocat, auteur de l’ouvrage Les Contrats 360°)
- David Morel, alias Monsieur Mo (JarringEffects, FEPPRA)
- Bertrand Aubonnet (PBox concerts)
- Luc Natali (Manager, OpenBar)
- et votre serviteur.
Voici mon interview :
Didier J. Mary
Gérant de CybearSonic, agence sonore et unLabel
Comment positionnez-vous votre structure et vos activités par rapport à du 360° ? Quelles modalités pratiques prend le 360° dans le quotidien de votre structure ?
Lorsque j’ai présenté mon projet aux USA l’année dernière, il a été qualifié de "unLabel" (non-label), car je tente via ce sous-ensemble des activités de production/édition de CybearSonic, d’offrir une nouvelle approche "en rupture" à des artistes sur un créneau spécifique (musiciens de musique du monde à orientation Jazz).
Pour revenir en arrière, je travaille/réfléchis depuis 2005 à une nouvelle approche de l’industrie musicale (En savoir plus). Toute l’approche est donc structurée autour d’un 360°, car ce modèle ne vaut que s’il est réellement réalisable de bout en bout par les intervenants, ou tout du moins si les différentes composantes sont pilotées et contrôlées rigoureusement : production / édition / booking /touring / merchandising / promotion on-offline / marketing / synchro…
Donc, toute action du unLabel est pensée dans le cadre du 360°, qu’elle soit source de coût (fixe ou variable – répartition – linéarisation éventuelle à la manière d’un investissement amortissable) ou de revenus.
À noter que je double le 360°, par un paiement des droits à l’artiste sur une clef de répartition sur la marge nette, en général 50%. Ceci implique la mise en place d’une comptabilité analytique forte.
Selon vous, quels sont les avantages et les inconvénients pour un producteur ?
L’avantage est que l’impact des coûts d’investissement est répartissable sur une surface plus large de revenus, augmentant potentiellement la vitesse du retour sur investissement. Selon moi, ce peut être un excellent outil de fidélisation de l’artiste, des lors qu’il se sent réellement impliqué dans son devenir et son évolution.
Parmi les inconvénients, on relève la nécessité d’endosser ou de piloter de nombreux métiers autres que le sien, la lourdeur du suivi comptable/financier sur de nombreux axes très différents ; la nécessité de se mettre en cause régulièrement pour voir si tout le nécessaire a été bien fait à tous les niveaux…
Est-ce une stratégie qui va devenir une norme, une réponse partielle à une situation transitoire ou un simple effet de mode ?
Une norme, je n’en suis pas certain. C’est "un" modèle, utile pour un artiste qui a besoin de s’appuyer sur une structure, faute de pouvoir, savoir, vouloir le faire seul, qui lui garantit une prise en charge cohérente avec l’évolution actuelle de l’industrie musicale. Encore une fois, tous les labels ne peuvent pas forcément y arriver (volonté, stratégie) et tous les artistes ne sont pas forcément en capacité de rentrer dans ce "moule", par exemple les artistes Do it yourself.
Entre le DIY (on fait tout par nécessité) et les majors (on diversifie les sources de revenus), quelles alternatives pour des petites et moyennes structures ?
La problématique qui frappe, stratégiquement, les TPME de la production musicale est clairement de définir les services qu’elles peuvent, veulent ou savent offrir à leur artiste. À mon humble avis, on pourrait voir arriver des sortes de sociétés de services à destination de ces structures ou des artistes, qui offriront un bouquet complet ou non de prestations répondant au contenu d’un 360°, sans la gestion intégrée. L’offre du unLabel peut ainsi être déclinée en sous-ensembles, soit en Pay-As-You-Go, soit en fees.
Incompatibilités légales : quelles situations et quelles réponses ?
Le problème des incompatibilités se pose, surtout en France. J’ai eu la chance de rencontrer un grand cabinet juridique au fait des problèmes de la propriété intellectuelle et du droit des marques, à qui j’ai pu expliquer longuement ce que je voulais faire et comment. Nous avons recréé un nouveau contrat d’artiste, par exemple, ou d’enregistrement en fonction des contraintes légales françaises et des objectifs à atteindre dans le 360°.
Y a-t-il une logique de développement de carrière ou un moyen de rentabiliser au maximum un investissement sur la production d’un artiste ?
À mon avis, le 360° n’est viable que s’il est circonscrit dans un temps donné et que pendant tout ce temps, le unLabel cherche à optimiser la relation et la position de l’artiste pour le fidéliser. Donc, il faut rentabiliser assez rapidement, tout en étant le plus qualitatif qui soit… Complexe, mais passionnant…
À quel moment est-il judicieux d’adopter une stratégie 360 ? Dès le début du développement de carrière ? Plus tard ?
À mon sens, les 2, tout dépend. Je tente les 2 actuellement, avec un artiste connu, qui relance sa carrière et un nouveau groupe… Tout dépendra des gens qu’il va rencontrer, de ses attentes, de son positionnement… D’où l’importance de commencer sa carrière avec une forme de "coaching" : que veux-tu faire, comment, pourquoi, quels sont tes objectifs… De même, le unLabel doit définir rapidement le potentiel, pas seulement musical, mais en termes de monétisation large… et doit assister l’artiste dans sa définition d’objectifs.
Si rien ne se passe "intelligemment", il vaut mieux passer à autre chose et pour l’un et pour l’autre…
Quelles conséquences, selon vous, pour les métiers "traditionnels" de la filière musicale ?
"Traditionnels" ? On a toujours besoin de tourneurs, bookers, ingénieurs, studios… agence de communication, RP… Selon moi, la différence pour certains de ces métiers est qu’ils peuvent ne devenir que des sous-traitants d’un unLabel et pas des entités autonomes, libres de faire comme elles l’entendent… Car, pour que le 360° fonctionne, le contrôle opérationnel et qualitatif doit impérativement rester dans les mains du unLabel.
Ce qui est clair, c’est la fin à très court terme de nombreux intermédiaires, absorbeurs de marge sans service véritable rendu : par exemple, les distributeurs, intégrateurs… voire (à plus long terme) société d’auteurs… seuls ceux qui apportent un vrai savoir-faire, une vraie plus-value, une vraie part de retour sur investissement pourront subsister.
